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Tests de résistance réglementaires sous FINMA pour les gestionnaires d'actifs

Auteur : Familiarize Team
Dernière mise à jour : January 27, 2026

Les gestionnaires d’actifs suisses opèrent dans un environnement hautement réglementé où les attentes de supervision de la FINMA se croisent avec la surveillance cantonale, en particulier dans le domaine des tests de résistance. Depuis 2024, la FINMA a intensifié son attention sur les évaluations des risques prospectifs, exigeant des gestionnaires d’actifs qu’ils intègrent une analyse de scénario rigoureuse dans leurs cadres de gestion des risques. Cette page explique le contexte réglementaire, décrit la conception de programmes de tests de résistance conformes et propose des étapes pratiques pour intégrer les exigences cantonales et les données macroéconomiques suisses.

Aperçu

Le cadre de tests de résistance 2025-2026 de la FINMA oblige les gestionnaires d’actifs suisses à développer des modèles prospectifs qui capturent les chocs macroéconomiques, la volatilité du marché et les tensions de liquidité. Le régulateur s’attend à une structure de gouvernance claire, une documentation transparente et des rapports réguliers à la fois à la FINMA et aux autorités cantonales concernées. Les gestionnaires d’actifs doivent aligner leurs indicateurs de risque internes avec les perspectives économiques de la Banque nationale suisse, intégrer des considérations d’exposition transfrontalière et s’assurer que les résultats des scénarios sont examinés par la direction supérieure et le conseil d’administration. La conformité protège non seulement le capital, mais renforce également la confiance des clients dans une juridiction réputée pour sa stabilité financière.

Cadre de tests de résistance de la FINMA pour les gestionnaires d’actifs

Le manuel de supervision de la FINMA définit trois piliers fondamentaux pour les tests de résistance : la conception de scénarios, la validation des modèles et le reporting. Le pilier de la conception de scénarios exige que les gestionnaires construisent au moins trois scénarios de stress distincts : un scénario de référence défavorable, un choc sévère à l’échelle du marché et une crise provoquée par la liquidité. Chaque scénario doit être calibré en utilisant des indicateurs macroéconomiques suisses tels que la croissance du PIB, les taux de chômage et le taux de change du franc suisse, tels que publiés par la Banque nationale suisse (BNS). Le scénario de choc sévère fait souvent référence à des événements historiques comme la crise financière mondiale de 2008, ajustés aux structures de marché actuelles.

La validation des modèles est le deuxième pilier. La FINMA s’attend à ce que les gestionnaires d’actifs utilisent des techniques statistiques robustes, y compris des simulations de Monte-Carlo et des méthodes de simulation historique, pour estimer les pertes de portefeuille dans chaque scénario. La validation doit être documentée dans un registre de gestion des risques de modèle (MRM), détaillant les hypothèses, les sources de données et les résultats des tests de validation. Le régulateur exige également des examens indépendants périodiques, soit par une fonction d’audit interne, soit par un validateur tiers externe, pour confirmer que les modèles restent adaptés à leur objectif.

Le pilier de reporting impose une soumission structurée à la FINMA dans les 90 jours suivant la clôture de l’exercice fiscal. Les rapports doivent inclure des estimations quantitatives des pertes, des impacts sur l’adéquation des fonds propres et des commentaires qualitatifs sur les facteurs de risque. De plus, les superviseurs cantonaux reçoivent une version condensée du rapport, mettant en évidence les expositions régionales et toute déviation par rapport aux seuils de risque cantonaux. Le non-respect de ces délais de reporting peut entraîner des actions de supervision, y compris des amendes ou un examen de supervision renforcé.

Conception d’analyses de scénarios alignées sur les indicateurs économiques suisses

La conception efficace de scénarios repose sur l’intégration de données économiques spécifiques à la Suisse. Les prévisions économiques trimestrielles de la BNS fournissent des prévisions pour l’inflation, les taux d’intérêt et le taux de change du franc suisse (CHF). Les gestionnaires d’actifs devraient traduire ces prévisions macroéconomiques en paramètres de stress. Par exemple, une augmentation de 2 points de pourcentage de l’inflation combinée à une hausse de 150 points de base des taux directeurs peut être utilisée pour modéliser un environnement monétaire restrictif.

Les scénarios de stress de liquidité nécessitent une attention particulière à la profondeur du marché et aux structures de financement. Les gestionnaires doivent évaluer l’impact d’un retrait soudain de liquidités des fonds de pension suisses, qui représentent une source de capital significative pour de nombreux gestionnaires d’actifs. En modélisant un flux sortant de 30 % sur un horizon de 30 jours, les gestionnaires peuvent évaluer la résilience de leurs réserves de liquidité et la nécessité de lignes de financement de secours.

Les expositions transfrontalières ajoutent une couche de complexité supplémentaire. Les gestionnaires d’actifs suisses détiennent souvent des actifs dans l’UE et aux États-Unis. La conception des scénarios devrait donc intégrer des chocs externes tels qu’une crise de la dette souveraine de la zone euro ou une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis. La FINMA s’attend à ce que les gestionnaires cartographient ces expositions aux variables macroéconomiques correspondantes et évaluent les effets de débordement sur le portefeuille suisse.

La documentation est essentielle. Chaque scénario doit être accompagné d’un récit qui explique la logique, les paramètres choisis et l’impact attendu sur les indicateurs de risque clés tels que la Value-at-Risk (VaR), l’Expected Shortfall (ES) et les ratios de capital ajustés au stress. Ce récit fait partie du rapport de supervision et aide les régulateurs cantonaux à comprendre le profil de risque localisé.

Intégration des exigences de supervision et de reporting cantonales

La structure fédérale de la Suisse signifie que les autorités financières cantonales conservent des pouvoirs de supervision sur les gestionnaires d’actifs opérant dans leur juridiction. Les régulateurs cantonaux collaborent avec la FINMA dans le cadre du Swiss Financial Supervisory Coordination (SFSC), partageant des données et alignant les attentes de supervision. Les gestionnaires d’actifs doivent donc soumettre un supplément cantonal au rapport de test de résistance de la FINMA, qui comprend :

  1. Répartition de l’exposition régionale - Une vue granulaire des actifs et des passifs liés au canton, mettant en évidence tout risque de concentration.
  2. Ajustements Économiques Locaux - Ajustements des scénarios macroéconomiques basés sur la croissance du PIB cantonal, les tendances du chômage et les chocs spécifiques aux secteurs (par exemple, le tourisme au Tessin ou l’horlogerie dans le Jura).
  3. Liste de vérification de conformité - Confirmation que le gestionnaire a respecté les conditions de licence cantonales, les obligations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) et toute exigence supplémentaire de tests de résistance émise par l’autorité cantonale.

Les superviseurs cantonaux peuvent également demander des micro-tests de stress qui se concentrent sur des risques spécifiques à un secteur, tels qu’un déclin soudain de l’industrie pharmaceutique, qui est un employeur majeur dans le canton de Bâle-Campagne. Les gestionnaires d’actifs devraient maintenir un environnement de modélisation flexible qui peut rapidement intégrer ces paramètres supplémentaires.

Une communication efficace avec les régulateurs cantonaux est essentielle. Des réunions régulières, généralement trimestrielles, permettent aux gestionnaires de discuter des résultats préliminaires des scénarios, de recevoir des retours et d’ajuster les hypothèses avant la soumission finale à la FINMA. Cette approche collaborative réduit la probabilité de constatations de la part des superviseurs et démontre une culture du risque proactive.

Intégration des résultats des tests de résistance dans la prise de décision commerciale

Le but ultime des tests de résistance n’est pas seulement la conformité réglementaire, mais aussi l’amélioration de la résilience stratégique. Les gestionnaires d’actifs devraient intégrer les résultats des tests de résistance dans la planification du capital, le rééquilibrage des portefeuilles et la communication avec les clients. Par exemple, si un scénario de choc de marché sévère révèle une violation potentielle du ratio de solvabilité de 8 %, le gestionnaire peut lever des fonds de manière préventive, ajuster les allocations d’actifs ou augmenter les activités de couverture.

Les structures de gouvernance doivent refléter cette intégration. Le conseil d’administration devrait recevoir un tableau de bord de stress-test concis qui met en évidence les indicateurs clés, les résultats des scénarios et les actions recommandées. Les responsables des risques seniors sont chargés de traduire les résultats quantitatifs en plans opérationnels, tels que le resserrement des limites de liquidité ou la révision des objectifs de performance ajustés au risque.

La technologie joue un rôle essentiel. Les plateformes modernes de gestion des risques permettent une analyse de scénarios en temps réel, des flux de données automatisés provenant de la BNS, et des rapports sans faille à la fois pour la FINMA et les superviseurs cantonaux. Les gestionnaires d’actifs investissant dans une telle infrastructure non seulement répondent aux attentes réglementaires, mais obtiennent également un avantage concurrentiel grâce à une génération d’informations sur les risques plus rapide.

Questions fréquemment posées

Pourquoi la FINMA exige-t-elle des tests de résistance pour les gestionnaires d'actifs ?

La FINMA mandate des tests de résistance pour s’assurer que les gestionnaires d’actifs maintiennent des coussins de capital suffisants, peuvent absorber des chocs de marché défavorables et continuent de protéger les actifs des clients dans des conditions économiques extrêmes mais plausibles.

À quelle fréquence les gestionnaires d'actifs suisses doivent-ils soumettre les résultats des tests de résistance à la FINMA ?

Les gestionnaires d’actifs sont tenus de réaliser et de soumettre des résultats de tests de résistance complets au moins une fois par an, avec des tests ad hoc supplémentaires lorsque des événements de marché significatifs se produisent ou lorsque cela est demandé par la FINMA ou les superviseurs cantonaux.

Quel rôle les régulateurs cantonaux jouent-ils dans le processus de test de résistance ?

Les régulateurs cantonaux coordonnent avec la FINMA pour vérifier que les gestionnaires d’actifs locaux respectent les normes nationales, fournissent des données supplémentaires et peuvent imposer des exigences supplémentaires en matière de scénarios reflétant les expositions économiques régionales.