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Gestion des risques géopolitiques pour les institutions financières suisses : tensions internationales et guerre économique

Auteur : Familiarize Team
Dernière mise à jour : November 22, 2025

Le rôle de la Suisse en tant que centre financier mondial rend ses institutions financières particulièrement vulnérables aux risques géopolitiques émanant des tensions internationales, de la guerre économique et des conflits réglementaires entre les grandes puissances. En tant que nation neutre avec des relations financières étendues dans le monde entier, les banques et institutions financières suisses doivent naviguer dans des paysages géopolitiques complexes tout en maintenant leur réputation de stabilité, de confidentialité et d’excellence réglementaire.

Le secteur financier suisse, supervisé par la FINMA et soutenu par la politique monétaire de la BNS, a longtemps servi de refuge sûr lors des crises internationales. Cependant, la fragmentation géopolitique croissante, l’escalade des sanctions économiques et les tensions commerciales créent de nouveaux défis pour les institutions qui doivent équilibrer la conformité réglementaire avec le maintien des relations financières mondiales. Les développements géopolitiques récents ont mis en évidence la nécessité de cadres de gestion des risques sophistiqués capables de s’adapter à des circonstances internationales en évolution rapide.

Ce guide complet examine les cadres sophistiqués de gestion des risques géopolitiques nécessaires aux institutions financières suisses opérant dans un environnement mondial de plus en plus fragmenté. Il couvre les méthodologies d’évaluation des risques, la conformité réglementaire dans plusieurs juridictions, les protocoles de gestion de crise et les réponses stratégiques aux chocs géopolitiques.

Aperçu

La gestion des risques géopolitiques pour les institutions financières suisses englobe l’identification, l’évaluation, la surveillance et l’atténuation des risques découlant des tensions politiques internationales, des conflits économiques, des divergences réglementaires et des événements géopolitiques qui pourraient avoir un impact sur les opérations financières, les relations avec les clients ou la stabilité institutionnelle.

Contrairement aux risques financiers traditionnels tels que le crédit, le marché ou les risques opérationnels, les risques géopolitiques se caractérisent par leur nature imprévisible, leur potentiel d’escalade soudaine et leur capacité à se propager simultanément à travers plusieurs juridictions. Ces risques peuvent se manifester par des changements réglementaires, des impositions de sanctions, une volatilité des devises, des perturbations commerciales ou une ingérence directe dans les opérations financières.

Les institutions financières suisses font face à des défis uniques en raison de leur clientèle internationale, de leurs vastes relations transfrontalières et du rôle historique de la Suisse en tant que centre financier neutre. Elles doivent maintenir leur conformité avec les réglementations suisses tout en naviguant dans les exigences complexes de multiples juridictions internationales, chacune ayant potentiellement des régimes de sanctions, des cadres réglementaires et des priorités politiques conflictuels.

L’environnement réglementaire pour la gestion des risques géopolitiques en Suisse implique une coordination entre la FINMA pour la surveillance des marchés financiers, la BNS pour la stabilité monétaire et financière, le SIF pour les relations financières internationales, et divers organismes de réglementation internationaux. Ce paysage réglementaire complexe nécessite des cadres de conformité sophistiqués capables de s’adapter aux circonstances géopolitiques changeantes.

La gestion moderne des risques géopolitiques pour les institutions suisses intègre des méthodologies d’évaluation des risques traditionnelles avec une surveillance en temps réel des développements internationaux, une planification de scénarios sophistiquée et des mécanismes de réponse flexibles. Ces cadres doivent équilibrer la nécessité de continuité opérationnelle avec la conformité réglementaire, la confidentialité des clients et la gestion de la réputation institutionnelle.

L’impact des risques géopolitiques sur les institutions financières suisses va au-delà des défis opérationnels directs pour englober la gestion des relations avec les clients, les exigences de reporting réglementaire, les décisions d’allocation de capital et les processus de planification stratégique. Une gestion efficace des risques géopolitiques nécessite une intégration à travers toutes les fonctions institutionnelles et une coordination régulière avec les autorités réglementaires.

Cadres / Applications

Évaluation et surveillance des risques géopolitiques

La gestion efficace des risques géopolitiques commence par des cadres d’évaluation complets qui peuvent identifier, quantifier et surveiller les risques géopolitiques à travers plusieurs dimensions et juridictions. Les institutions financières suisses doivent développer des systèmes de surveillance sophistiqués qui suivent les développements politiques, les changements réglementaires, la mise en œuvre de sanctions et les indicateurs économiques sur les principaux marchés mondiaux.

Le processus d’évaluation des risques implique une analyse systématique des événements géopolitiques, des développements politiques, des changements réglementaires et des indicateurs économiques qui pourraient avoir un impact sur les opérations institutionnelles, les relations avec les clients ou la performance financière. Cette analyse doit prendre en compte à la fois les impacts directs tels que les restrictions réglementaires et les impacts indirects tels que la volatilité du marché ou les changements de confiance des clients.

Les systèmes de surveillance des risques pour les institutions suisses intègrent généralement plusieurs sources de données, y compris des services d’analyse des risques politiques, des flux d’actualités réglementaires, des listes de sanctions, des communications des banques centrales et une surveillance des actualités en temps réel. Ces systèmes doivent fournir des alertes en temps opportun sur les développements qui pourraient nécessiter des réponses institutionnelles ou des actions de conformité.

Les méthodologies d’évaluation des risques quantitatifs pour les risques géopolitiques incluent l’analyse de scénarios, les tests de résistance, l’analyse de corrélation avec les risques financiers traditionnels, et des techniques de modélisation sophistiquées qui peuvent estimer les impacts potentiels dans divers scénarios d’escalade. Ces modèles doivent tenir compte de la nature interconnectée des risques géopolitiques et de leur potentiel à se propager à travers plusieurs juridictions.

Le cadre de surveillance doit être intégré aux systèmes de gestion des risques institutionnels, garantissant que les évaluations des risques géopolitiques sont intégrées dans les cadres d’appétit pour le risque global, les décisions d’allocation de capital et les processus de planification stratégique. Cette intégration nécessite des procédures d’escalade claires et des protocoles de réponse qui peuvent être activés rapidement lorsque des risques géopolitiques émergent.

Conformité aux sanctions et coordination réglementaire

La conformité aux sanctions représente l’un des aspects les plus complexes de la gestion des risques géopolitiques pour les institutions financières suisses. Ces institutions doivent maintenir leur conformité avec plusieurs régimes de sanctions potentiellement conflictuels tout en servant des clients internationaux et en maintenant des relations financières mondiales.

Le cadre de conformité aux sanctions commence par un dépistage complet de toutes les transactions, contreparties et activités par rapport à plusieurs listes de sanctions, y compris les listes de l’ONU, de l’UE, des États-Unis (OFAC), de la SECO suisse et d’autres exigences juridictionnelles pertinentes. Ce dépistage doit être effectué en temps réel et intégrer à la fois les désignations de sanctions directes et les restrictions indirectes basées sur des relations de propriété ou de contrôle.

Les institutions suisses doivent maintenir une compréhension sophistiquée de la portée extraterritoriale des divers régimes de sanctions, en particulier des sanctions américaines qui peuvent s’appliquer aux institutions ayant des opérations en dollars américains ou un lien avec les États-Unis. Cette compréhension doit être continuellement mise à jour à mesure que les cadres de sanctions évoluent et que de nouvelles restrictions sont mises en œuvre.

Le cadre de conformité doit également aborder les risques de sanctions secondaires, où les institutions peuvent faire face à des restrictions pour mener des affaires avec des entités sanctionnées même lorsqu’il n’y a pas d’interdiction directe. Cela nécessite une analyse sophistiquée des contreparties, une identification de la propriété bénéficiaire et des méthodologies d’évaluation des risques qui peuvent identifier une exposition potentielle aux risques de sanctions secondaires.

La coordination avec les autorités réglementaires est essentielle pour une conformité efficace aux sanctions. Les institutions suisses doivent maintenir une communication régulière avec la FINMA, le SECO et d’autres autorités suisses tout en surveillant les directives des organismes de réglementation internationaux. Cette coordination est particulièrement importante lorsque la mise en œuvre des sanctions crée des conflits entre les différentes exigences juridictionnelles.

Risque de change et réponses de la politique monétaire

Les risques géopolitiques déclenchent souvent une volatilité significative sur le marché des devises, créant des défis pour les institutions financières suisses qui gèrent des expositions multi-devises et entretiennent des relations avec des clients internationaux. Le rôle du franc suisse en tant que monnaie refuge amplifie ces défis lors des crises géopolitiques.

La gestion du risque de change pendant les crises géopolitiques nécessite une surveillance sophistiquée des communications des banques centrales, des développements politiques et des indicateurs de sentiment du marché. Les institutions suisses doivent comprendre comment les événements géopolitiques affectent les décisions de politique monétaire de la BNS, la force du franc et les relations entre devises qui impactent les portefeuilles des clients et les opérations institutionnelles.

La réponse de la BNS aux crises géopolitiques implique souvent une intervention sur les marchés des changes pour gérer la pression d’appréciation du franc tout en maintenant les objectifs de politique monétaire. Ces interventions créent une complexité supplémentaire pour les institutions gérant les expositions aux devises et doivent être intégrées dans les cadres de gestion des risques.

La gestion sophistiquée du risque de change comprend l’analyse de scénarios des mouvements potentiels du franc lors d’escalades géopolitiques, le test de résistance des portefeuilles clients contre divers scénarios de choc monétaire, et le développement de stratégies de couverture qui peuvent être rapidement mises en œuvre lorsque des risques géopolitiques émergent.

La gestion des risques de change institutionnels doit équilibrer les exigences des relations avec les clients, les contraintes réglementaires et les considérations opérationnelles. Cet équilibre nécessite des politiques claires sur les limites d’exposition aux devises, les procédures d’autorisation de couverture et les protocoles de communication avec les clients et les autorités réglementaires.

Gestion stratégique de crise

Les institutions financières suisses doivent développer des cadres de gestion de crise complets qui peuvent être rapidement activés lorsque des événements géopolitiques créent des défis opérationnels, réglementaires ou de réputation. Ces cadres doivent répondre aux besoins opérationnels immédiats tout en maintenant la stabilité institutionnelle à long terme et les relations avec les clients.

Le processus de gestion de crise commence par une évaluation rapide des impacts des événements géopolitiques sur les opérations institutionnelles, les expositions des clients, les exigences réglementaires et les conditions du marché. Cette évaluation doit être réalisée rapidement pour permettre des réponses institutionnelles en temps utile tout en maintenant l’exactitude et la conformité réglementaire.

Les protocoles de communication lors des crises géopolitiques sont essentiels et doivent s’adresser aux parties prenantes internes, aux clients, aux autorités de régulation et aux communications publiques. Ces protocoles doivent équilibrer les exigences de transparence avec les obligations de confidentialité et les contraintes réglementaires.

La planification de la continuité opérationnelle pour les crises géopolitiques comprend des procédures de sauvegarde pour les fonctions critiques, des mécanismes de prestation de services alternatifs, des protocoles de sécurité renforcés et des arrangements de personnel flexibles qui peuvent s’adapter aux changements soudains des conditions d’exploitation ou des exigences réglementaires.

La gestion stratégique de crise doit également prendre en compte les implications à long terme des événements géopolitiques sur les modèles commerciaux institutionnels, les relations avec les clients et le positionnement sur le marché. Cette considération stratégique nécessite une planification de scénarios pour divers niveaux d’escalade et le développement de stratégies de contingence pour des perturbations géopolitiques prolongées.

Spécificités locales

Le statut de neutralité de la Suisse et son vaste réseau de relations financières internationales créent des défis et des opportunités uniques pour la gestion des risques géopolitiques. Le gouvernement suisse, par le biais de la supervision de la FINMA et de la BNS, a développé des cadres complets pour soutenir les institutions financières naviguant dans des relations internationales complexes tout en maintenant la conformité réglementaire et la stabilité institutionnelle.

La Banque nationale suisse (BNS) joue un rôle crucial dans la gestion des implications de stabilité financière des risques géopolitiques à travers son cadre de politique monétaire, ses interventions sur le marché des changes et ses mécanismes de provision de liquidité. Lors des crises géopolitiques, les interventions de la BNS deviennent particulièrement importantes pour gérer la volatilité du franc et maintenir la stabilité du système financier.

L’approche de supervision de la FINMA en matière de gestion des risques géopolitiques met l’accent sur l’intégration de l’évaluation des risques géopolitiques dans les cadres globaux de gestion des risques, tout en veillant à ce que les institutions maintiennent des réserves de capital appropriées, des positions de liquidité et une résilience opérationnelle. Cette approche exige des institutions qu’elles démontrent une compréhension sophistiquée des interconnexions entre les risques géopolitiques et les risques financiers traditionnels.

Le Secrétariat d’État à la finance internationale (SIF) coordonne les relations financières internationales de la Suisse et la mise en œuvre des sanctions. Cette coordination est essentielle pour garantir que les institutions financières suisses reçoivent des conseils opportuns sur les développements internationaux et les changements réglementaires qui pourraient avoir un impact sur leurs opérations.

L’Administration fédérale des contributions (AFC) de la Suisse gère les implications fiscales de la gestion des risques géopolitiques, y compris les exigences en matière de retenue d’impôt, les avantages des conventions fiscales et les cadres de coopération fiscale internationale. Ces considérations fiscales doivent être intégrées dans les cadres de gestion des risques institutionnels et les offres de services aux clients.

La SIX Exchange Regulation supervise les marchés boursiers suisses et fournit des conseils sur la conduite du marché pendant les crises géopolitiques. Cette surveillance inclut le suivi de la manipulation du marché, des risques de délit d’initié et des exigences de divulgation appropriées pendant les périodes d’incertitude géopolitique accrue.

Le vaste réseau d’accords bilatéraux et de cadres de coopération internationale de la Suisse offre des avantages significatifs aux institutions financières gérant les risques géopolitiques. Ces cadres facilitent le partage d’informations, la coordination réglementaire et les réponses conjointes aux crises internationales qui pourraient affecter les institutions financières suisses.

Le gouvernement suisse a mis en place des cadres complets pour gérer les risques réputationnels associés aux crises géopolitiques, y compris des directives pour les communications avec les clients, les déclarations publiques et le positionnement institutionnel pendant les conflits internationaux. Ces cadres aident à maintenir la réputation de la Suisse en tant que centre financier stable et fiable.

Les récents développements géopolitiques ont mis en évidence l’importance des relations diplomatiques de la Suisse et de son statut de neutralité dans le maintien des relations financières internationales en période de crise. Les efforts diplomatiques du gouvernement suisse facilitent souvent la coopération réglementaire et le partage d’informations qui profitent aux institutions financières suisses.

L’intégration de la Suisse avec les marchés financiers européens par le biais d’accords bilatéraux ajoute une complexité supplémentaire à la gestion des risques géopolitiques, car les institutions doivent prendre en compte à la fois les exigences réglementaires suisses et européennes lors des crises internationales. Cette double juridiction crée à la fois des opportunités et des défis pour la gestion des opérations transfrontalières.

Questions fréquemment posées

Quels sont les principaux risques géopolitiques auxquels sont confrontées les institutions financières suisses en 2025 ?

Les institutions financières suisses font face à des risques croissants en raison des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, des retombées du conflit Russie-Ukraine, de l’instabilité au Moyen-Orient affectant les marchés pétroliers, des préoccupations concernant la sécurité énergétique en Europe et d’une éventuelle escalade des sanctions. Ces risques créent de la volatilité sur les marchés des devises, des défis en matière de financement du commerce et des complexités de conformité réglementaire dans plusieurs juridictions.

Comment les banques suisses gèrent-elles la conformité aux sanctions dans plusieurs juridictions ?

Les banques suisses mettent en œuvre des systèmes sophistiqués de filtrage des sanctions qui surveillent les transactions par rapport aux listes de sanctions des États-Unis, de l’UE, de l’ONU et de la Suisse. Elles maintiennent des équipes dédiées à la conformité aux sanctions, emploient des technologies de filtrage avancées, effectuent des audits réguliers des procédures de sanctions et coordonnent avec la FINMA et les autorités internationales pour garantir la conformité à travers des exigences complexes multi-juridictionnelles.

Quel impact le risque géopolitique a-t-il sur la stabilité du franc suisse et les politiques de la banque centrale ?

Les tensions géopolitiques entraînent souvent des flux vers des valeurs refuges, comme le franc suisse, créant une pression à l’appréciation qui remet en question la politique monétaire de la BNS. La banque centrale doit équilibrer l’intervention pour gérer la force du franc avec des préoccupations concernant l’inflation et la compétitivité économique. Les événements géopolitiques récents ont nécessité des interventions sans précédent de la BNS pour maintenir la stabilité du franc et soutenir les exportations suisses.

Comment les institutions suisses se préparent-elles à une éventuelle escalade des sanctions affectant leurs opérations ?

Les institutions financières suisses élaborent des plans de contingence complets en matière de sanctions, y compris des mécanismes de paiement alternatifs, des relations avec des contreparties diversifiées, des systèmes de surveillance de la conformité améliorés et une planification de scénarios pour divers niveaux d’escalade. Elles maintiennent une coordination étroite avec la FINMA, la BNS et les régulateurs internationaux pour garantir leur préparation face à des circonstances géopolitiques en évolution rapide.